
Après les propos du président Félix Tshisekedi évoquant la possibilité d’un troisième mandat, le débat enfle dans les rues de Kinshasa. « si le peuple veut que je fasse un troisième mandat, j’accepterai », avait déclaré le Chef de l’Etat lors de la conférence de presse tenue mercredi 6 mai à Kinshasa. Il répondait à la question d’un journaliste.
Entre soutien, inquiétude et attachement à la Constitution, plusieurs Kinois interrogés par Authentic360 réagissent sur cette déclaration du Président de la République.
Dans les rues de Kinshasa, capitale de la RDC, certains habitants soutiennent l’idée d’un maintien de Félix Tshisekedi au pouvoir au-delà de 2028. Pour François Ngoy, sympathisant de l’UDPS rencontré à Limete, le président doit poursuivre ce qu’il considère comme « la libération du Congo ».
« Depuis des années, le Rwanda nous malmène. Avec Tshisekedi, le Congo commence à se relever. S’il faut changer la Constitution pour certaines réformes, pourquoi pas ? », affirme-t-il.
D’autres habitants estimant que seule la volonté du peuple doit trancher la question. « À condition que le peuple puisse le vouloir », explique Giresse Munongo, Economiste et Juriste.
Par contre, d’autres voix rejettent catégoriquement toute idée de troisième mandat ou de modification constitutionnelle, craignant que ce débat risque ouvre la voie à des tensions politiques et à un éventuel glissement électoral en 2028.
« Je ne suis pas pour un troisième mandat. Avec la situation actuelle du pays, prolonger encore ce pouvoir risque d’aggraver les choses », déclare Dieu Manzo.
Même inquiétude chez Martin Diembo, impétrant au Barreau près la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe, qui insiste sur le respect strict de la Constitution. « Lorsqu’une Constitution limite clairement les mandats, il faut respecter cette disposition. La stabilité des institutions est plus importante que les intérêts politiques », soutient-il.
Dans plusieurs coins de Kinshasa, le sujet alimente désormais les discussions entre citoyens. Certains redoutent déjà que le débat autour d’un éventuel troisième mandat ne débouche sur un report des élections générales de 2028, dans un contexte politique et sécuritaire déjà tendu.
Entre partisans du changement constitutionnel et défenseurs de l’alternance démocratique, la question du troisième mandat de Félix Tshisekedi apparaît plus que jamais comme un sujet sensible au sein de l’opinion congolaise.
Jevic Ebondo