
Le cri d’alarme des Congolais vivant en Afrique du Sud semble enfin trouver un écho à Kinshasa. Après des semaines marquées par des actes de xénophobie, d’intimidation et de violences visant des ressortissants congolais, la prise de position du président de l’Assemblée nationale de la RDC, Aimé Boji, est accueillie comme un signal fort par une partie de la diaspora congolaise.
À Johannesburg, Pretoria ou encore Durban, plusieurs Congolais dénoncent depuis des semaines un climat de peur alimenté par la montée des discours anti-étrangers. Dans ce contexte tendu, les annonces faites jeudi au Palais du Peuple par le speaker de la Chambre basse suscitent espoir et soulagement au sein de la communauté congolaise installée en Afrique du Sud.
Parmi les premières voix à réagir figure celle de Mingiedi Mbala N’zeteke Charlie Jephthé, président honoraire de la communauté congolaise en Afrique du Sud, qui avait déjà lancé un cri d’alerte lors de son intervention sur les ondes de Top Congo FM mercredi .
Dans une déclaration parvenue à Authentic360, Charlie Jephthé affirme avoir été profondément touché par la réaction rapide du speaker de la Chambre basse du Parlement congolais.
« Au nom de la communauté congolaise vivant en Afrique du Sud et à mon nom propre, nous remercions sincèrement le président de l’Assemblée nationale pour toutes les décisions prises contre cette xénophobie qui est en réalité une véritable négrophobie dépassant l’entendement », a-t-il déclaré.
Depuis plusieurs semaines, des Congolais vivant dans différentes provinces sud-africaines dénoncent des actes de discrimination, d’intimidation et parfois même de violences physiques dans un climat marqué par la montée des discours anti-étrangers. Pour de nombreux observateurs, cette situation devient de plus en plus préoccupante au regard du silence de certaines instances continentales.
Le président honoraire Mingiedi Mbala s’est également étonné de l’absence de questions liées au sort des Congolais vivant en Afrique du Sud lors de la récente conférence de presse du président Félix Tshisekedi.
« L’afrophobie bat son plein au vu et au su de toutes les autorités continentales », a-t-il déploré, regrettant qu’aucun journaliste n’ait évoqué les souffrances des Congolais confrontés quotidiennement à la maltraitance et aux violences xénophobes.
Lors de la séance plénière du 7 mai 2026 au Palais du Peuple, Aimé Boji Sangara avait fermement condamné les actes visant les Congolais établis en Afrique du Sud, dénonçant des comportements « contraires aux valeurs africaines de fraternité, de solidarité et d’intégration continentale ».
Le président de l’Assemblée nationale a également annoncé plusieurs initiatives, notamment l’audition prochaine de la ministre d’État en charge des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba ; l’envoi d’une délégation parlementaire congolaise en Afrique du Sud afin d’évaluer la situation sur place ainsi que des consultations avec les parlementaires sud-africains dans le cadre de la diplomatie parlementaire.
Ces annonces sont accueillies avec espoir par la diaspora congolaise, qui attend désormais des actions concrètes.
Charlie Jephthé dit notamment attendre avec impatience l’arrivée de cette délégation parlementaire afin qu’elle puisse constater de visu les réalités vécues par les Congolais sur place.
Il s’interroge également sur les démarches diplomatiques entreprises par Kinshasa. « Nous attendons impatiemment ce que la ministre des Affaires étrangères dira devant les représentants du peuple. A-t-elle convoqué l’ambassadeur de l’Afrique du Sud à Kinshasa ? », questionne-t-il.
Rédaction