
Pour son retour au pays, Fally Ipupa a annonce mercredi 3 concerts gratuits dans trois espaces de la capitale Kinshasa, dont le terrain Massamba dans la commune de N’djili où il lancera sa tournée. Le fait que l’accès soit gratuit et la cote de l’artiste ne créent-ils pas un danger encore plus imprévisible ?
L’annonce faite par l’auteur de Tokos sur ces trois concerts à Kinshasa, a de quoi surprendre. Celui qui attiré plus de 110 000 personnes lors de ces deux concerts payants au Stade de France, soit une moyenne de 55 000 fans par nuit, va jouer gratuitement, chez lui, dans des espaces 3,4 voir 10 fois plus petits. Sur le papier, réduire la capacité rassure. Dans les faits, les fans et les observateurs experts restent prudents quant à la gestion des foules.
« Compte tenu de son statut de star continentale, voire mondiale, Fally Ipupa ne devrait pas programmer un concert gratuit dans une ville où la démographie constitue déjà un problème majeur », alerte le journaliste culturel Ezéchiel Ngamania.
Et de poursuivre : « Il est donc toujours préférable de penser à la sécurité du public. Car les espaces choisis, en l’occurrence le terrain Massamba à N’djili, sont des zones difficiles à contrôler ».
Du côté des fans, particulièrement ceux de N’djili, voir Fally Ipupa se produire dans leur commune est un sujet de joie, mais aussi d’inquiétude au regard de la configuration sécuritaire de l’entité.
« Moi, je serai bien là. Mais en regardant la réalité, il y a beaucoup de risques. Déjà à N’djili, les conflits entre quartiers et certains coins, en l’occurrence quartier 6 et 13. Imaginez les membres de ces deux camps se retrouver dans ce concert et déclencher un combat. Il risque d’avoir des blessés, des objets volés », redoute César Dana, fan du chef de fil des Warriors.
Dans sa commune, les confrontations entre membres de différents quartiers est récurrents. Les jeunes hommes ne circulent plus librement d’un quartier à un autre, sans se renseigner au préalable de la relation entre son milieu de vie et le quartier de sa destination.
L’autre problème de ce concert à N’djili, est la capacité d’accueil face à la population fan de l’artiste. Le terrain Massamba reste un espace qui doit accueillir moins de 15 000 personnes debout pour assurer leur sécurité et permettre une évacuation rapide. Au-delà de 2 personnes/m², soit plus de 21 000 personnes, le risque de compression, d’étouffement et bousculade peut basculer à un drame pire que celui vécu en 2022 lors du concert de Fally Ipupa au Stade des Martyrs. 11 morts et plus blessés ont été enregistrés parmi environ 80 000 spectateurs. Il reste à savoir si les mesures seront prises pour éviter un tel drame.
Japhet Mukoko