Moïse Ilunga signe son grand retour à Kinshasa : Washiba, entre puissance scénique et identité culturelle

Culture2 mai 2026

« Congo se dit c’est fini, il ne va plus pleurer. Le Congo a perdu beaucoup de ses filles et fils. »

C’est par ces paroles fortes, tirées de sa chanson engagée contre la guerre, que Moïse Ilunga a ouvert son concert, vendredi 1er mai à Kinshasa, à l’Espace Culturel VIK. Un message de paix, porté avec intensité, pour marquer son grand retour sur la scène congolaise après plusieurs années passées en Europe.

Moïse Ilunga et son groupe Washiba ont signé une prestation remarquable, mêlant engagement patriotique, performance physique et identité culturelle. L’équipe d’Authentic 360 a assisté à cette soirée où l’artiste a su reconnecter avec son public dans une ambiance électrique.

Dès son apparition, le ton est donné. Vêtu d’une salopette noire, d’un casque noir appelé « Mukundu » en langue Washiba signifiant « temple » et d’un foulard noué à la hanche, l’artiste affiche une allure singulière, entre catcheur et performeur. Torse bombé, muscles saillants, Moïse Ilunga transforme la scène en espace d’expression totale, où le corps accompagne la musique.

« Ça, c’est le look de Washiba. Washiba, ce n’est pas seulement de la musique. Washiba, c’est aussi l’aspect physique. Je suis habillé comme ça pour que les gens puissent voir la chair, les muscles… Bonne humeur, bonne vie. C’est ça, Washiba », explique-t-il.

Chez Washiba, la musique se danse avec intensité. Les mouvements, les squats, l’énergie déployée sur scène rappellent presque une discipline sportive.

« Washiba, d’abord, c’est une musique très puissante qui demande beaucoup d’énergie. On ne peut pas faire la musique de Washiba si on n’est pas sportif », insiste l’artiste.

Ce style atypique est un mélange audacieux entre le Mutuashi traditionnel, enraciné dans le folklore du Kasaï, et des sonorités contemporaines comme le RnB, le funk, le rock, le jazz ou encore le blues.

« Washiba tire sa racine du Mutuashi du Kasaï et de là, il nage maintenant dans tous les styles », précise Moïse Ilunga.

Plus qu’un style musical, Washiba est aussi une identité. Selon l’artiste, ce nom puise son origine dans « Kashiba », un mot tshiluba signifiant « sifflet ».

« Washiba, c’est un pseudonyme. Kashiba signifie sifflet. Nous nous décrivons comme les hurleurs. Nous, on ne chante pas. Nous hurlons », a-t-il ajouté.

Une philosophie artistique qui s’est pleinement ressentie dans cette prestation scénique, où chaque morceau semblait porté par une énergie brute et une volonté d’affirmation culturelle.

Après près de huit ans d’absence, l’artiste revient avec une ambition claire : raviver l’esprit Washiba à Kinshasa avant de conquérir à nouveau d’autres scènes.

« Je suis revenu pour revivre encore cet esprit Washiba… et préparer les tournées européennes et africaines pour que le monde puisse découvrir Washiba », a déclaré Moïse Ilunga.

Dans le public, plusieurs personnalités politiques, en majorité des amis d’enfance de l’artiste, notamment l’ancien député national Ados Ndombasi ont également répondu présentes pour soutenir ce retour symbolique.

À l’Espace Culturel VIK, l’ambiance était survoltée. Entre message de paix, exaltation du corps et valorisation des racines culturelles, Moïse Ilunga a offert bien plus qu’un concert : une véritable immersion dans l’univers Washiba.

Vendredi soir, à Kinshasa, Washiba n’a pas seulement fait danser. Il a crié, vibré et rappelé qu’au-delà de la musique, il peut aussi être une voix, une force et une identité.

Ditsh

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