Kinshasa : à Masanga Mbila, les habitants se battent chaque jour pour de l’eau potable

SociétéDroits Humains14 avril 2026

En République démocratique du Congo, souvent présentée comme un véritable château d’eau douce, l’accès à l’eau potable demeure pourtant un défi majeur dans plusieurs zones urbaines, notamment à Kinshasa. Malgré la mise en service de quelques stations de distribution, la situation est loin d’être résolue.

Au quartier Masanga Mbila, dans la commune de Mont-Ngafula, l’accès à l’eau potable est devenu un véritable casse-tête. Depuis près de cinq ans, les habitants vivent au rythme d’une pénurie chronique. Sur l’avenue Tshilenge, notamment, chaque ménage s’organise comme il peut, multipliant bassines, bidons et réservoirs pour stocker cette denrée vitale.

Diego Mosibo fait partie de ceux qui ont appris à composer avec cette réalité. Dans sa parcelle, il présente un système de fortune : plusieurs bidons soigneusement alignés et des fûts remplis d’eau.

« L’eau ne vient pas régulièrement. Cela fait cinq ans que nos robinets ne servent à rien. Nous devons acheter la nourriture, mais aussi de l’eau. Pourtant, on dit que l’eau, c’est la vie… mais ici, nous achetons la vie », confie-t-il sur un ton empreint de tristesse.

Dans ce coin de la capitale, l’eau est devenue un véritable produit marchand. Sur l’avenue Mobutu, Yuyu, vendeuse d’omelettes, de jus et d’eau embouteillée, dénonce une situation qu’elle juge intenable.

« Nous achetons le bidon à 200 ou 300 francs congolais, mais les transporteurs exigent jusqu’à 1 500 francs pour en acheminer deux. Que les autorités tiennent aussi compte de notre situation », explique-t-elle, visiblement agacée.

Au-delà du coût, la distance constitue un autre défi majeur pour les habitants. Pour s’approvisionner, certains parcourent plusieurs dizaines de minutes à pied, bidons à la main, sous le soleil ou dans la poussière une corvée éprouvante, répétée presque chaque jour.

« Je quitte mon domicile très tôt. Il faut marcher près de deux heures, et cela chaque jour. La situation est chaotique », témoigne Dieumerci Dada.

Après cinq années de pénurie, la frustration reste palpable. À Masanga Mbila, l’accès à l’eau potable s’est transformé en une lutte quotidienne pour la survie des habitants.

L’accès à l’eau potable est une affaire des lois et des droits humains. Un droit social et économique reconnu à toute personne humaine. Mais il est de moins en moins réel, au point d’être considéré comme utopique pour plus d’un congolais.

« Le droit à un logement décent, le droit d’accès à l’eau potable et à l’énergie électrique sont garantis », indique l’article 48 de la constitution de la RDC.

Jevic Ebondo

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