
À l’occasion de la Journée mondiale de la santé célébrée le 7 avril, dans un entretien avec Authentic, le médecin Delphin Katchelewa revient sur des gestes simples du quotidien qui peuvent faire la différence en matière de santé sexuelle et reproductive.
Parmi eux, une recommandation souvent entendue mais peu expliquée : uriner après un rapport sexuel. Pour le spécialiste en santé sexuelle et reproductive, ce conseil repose bel et bien sur des bases scientifiques.
« Il est effectivement recommandé d’uriner après un rapport sexuel. Pendant les rapports, les frottements peuvent favoriser la migration de bactéries vers l’urètre, en particulier chez la femme. Le fait d’uriner après le rapport agit comme un mécanisme naturel de nettoyage », explique-t-il.
Concrètement, précise-t-il, ce geste permet d’éliminer certaines bactéries, notamment Escherichia coli, connues pour provoquer des infections urinaires comme la cystite. L’idéal est de le faire dans les 15 à 30 minutes suivant le rapport. Mais attention : cela ne remplace ni un moyen de contraception, ni une protection contre les infections sexuellement transmissibles.
Au-delà de ce réflexe, le Dr Katchelewa insiste sur l’importance d’adopter des comportements simples mais essentiels pour préserver sa santé.
« Une hygiène intime adaptée, sans excès ni produits agressifs, permet de maintenir l’équilibre naturel du corps. L’usage du préservatif reste, lui, incontournable pour se protéger à la fois contre les infections sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées », a-t-il recommandé.
Et d’ajouter : « Boire suffisamment d’eau est également un geste à ne pas négliger, car il aide l’organisme à éliminer les bactéries. Et en cas de signes inhabituels douleurs, brûlures, pertes anormales consulter rapidement un professionnel de santé reste le meilleur réflexe ».
Dans la pratique, de nombreuses croyances persistent. Le médecin met notamment en garde contre les douches vaginales profondes, souvent perçues comme protectrices, mais qui, en réalité, fragilisent la flore et augmentent les risques d’infection.
« Il est important de déconstruire certaines idées reçues très répandues dans la communauté.
Par exemple, beaucoup pensent que les douches vaginales profondes protègent contre les infections, alors qu’elles perturbent au contraire la flore et augmentent les risques. D’autres croient que certaines boissons ou tisanes suffisent à prévenir les infections, ce qui n’est pas scientifiquement prouvé. Il existe aussi une confusion fréquente entre les infections urinaires et les infections sexuellement transmissibles, alors que ces dernières n’ont pas les mêmes causes », a-t-il expliqué.
Il rappelle aussi que se laver immédiatement après un rapport ne protège pas de tout.
« Seule une combinaison de bonnes pratiques permet une protection efficace », insiste-t-il.
Au final, le message du Dr Katchelewa est simple : mieux s’informer, adopter les bons réflexes et déconstruire les fausses croyances restent les clés pour préserver sa santé mais aussi lutter contre les mythes et renforcer l’éducation au sein des communautés.
Un rappel utile en cette Journée mondiale de la santé, où la prévention reste plus que jamais essentielle.
Yvette Ditshima