Nord-Kivu : après les conflits, une épidémie animale fragilise la relance économique à Masisi

Santé21 avril 2026

Une épidémie de peste des petits ruminants frappe ces derniers temps plusieurs localités du groupement Ufamandu II, dans le territoire de Masisi, province du Nord-Kivu. Cette maladie virale hautement contagieuse entraîne la mort de nombreux animaux, aggravant davantage la vulnérabilité économique des ménages ruraux déjà éprouvés par des années de conflit.

Dans cette région, l’élevage constitue pourtant un pilier essentiel de survie. Pour de nombreuses familles, il représente un moyen de résilience après les pillages et pertes subis lors des affrontements armés. Aujourd’hui, cette activité est sérieusement menacée.
Pour les éleveurs, la perte du bétail est un nouveau coup dur.

Tentant de reconstruire leurs moyens de subsistance après les crises sécuritaires, ils se retrouvent confrontés à une maladie qu’ils peinent à contenir faute de moyens.

« Nous avons perdu beaucoup de nos biens pendant la guerre. À ce stade, nous n’avons pas de ressources financières pour vacciner nos animaux depuis notre retour. Nous appelons les personnes de bonne volonté à nous venir en aide en nous fournissant des vaccins », plaide Oscar Musoni, éleveur dans la zone.

Contacté par Authentic, le médecin vétérinaire Jean-Claude Bauma confirme la gravité de la situation. Selon lui, cette maladie se propage rapidement d’un animal à un autre, notamment en raison de l’absence de vaccination et du manque de moyens financiers des éleveurs.

« Cette maladie ravage l’élevage dans notre zone. Sans prévention, notamment par la vaccination, il est difficile de la contenir », explique-t-il.

Au-delà des pertes économiques, des risques sanitaires préoccupants émergent. Le vétérinaire met en garde contre la consommation de viande provenant d’animaux morts sans contrôle préalable.

« Certaines maladies animales peuvent être transmises à l’homme. Il est impératif d’éviter toute consommation de viande sans l’aval d’un vétérinaire », insiste-t-il.

Face à cette crise, un appel urgent est lancé aux autorités et aux organisations humanitaires pour une intervention rapide. Les besoins sont multiples : approvisionnement en vaccins, renforcement des services vétérinaires et sensibilisation des communautés aux bonnes pratiques sanitaires.

« Les éleveurs n’ont pas les moyens de se procurer les vaccins. Un appui est indispensable pour contenir la maladie et protéger leurs moyens de subsistance », souligne Jean-Claude Bauma.

Dans une région où l’élevage joue un rôle crucial dans la sécurité alimentaire et les revenus des ménages, la propagation de cette épizootie constitue une menace majeure.

Sans une réponse coordonnée et immédiate, ses conséquences pourraient s’étendre bien au-delà du secteur agricole et compromettre durablement les conditions de vie des populations du territoire de Masisi.

Ignace Tusali, depuis Rubaya

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