Affaire Rebo Tchulo : Me Sylva Mbikayi dénonce une grave violation des droits humains

Droits Humains22 avril 2026

Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux montre un homme, présenté comme le chauffeur du réalisateur de la chanteuse Rebo Tchulo, maintenu au sol violemment frappé par des militaires en uniforme. Selon les informations, il serait soupçonné du vol d’un sac contenant plusieurs effets personnels de l’artiste, dont un iPhone 17 Pro Max, des bijoux, de l’argent ainsi que son passeport. La séquence, largement partagée, a suscité une vive indignation et relance le débat sur les violences extrajudiciaires en République démocratique du Congo.

Parallèlement à cette polémique, Rebo Tchulo a décidé de saisir la justice. L’artiste a officiellement déposé une plainte, mardi, au parquet près le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Gombe. Selon son avocat, Jean-Marie Kabengela, les biens dérobés sont évalués à plus de 20.000 dollars américains. Il a précisé que la plainte vise non seulement l’auteur présumé du vol, mais également toute personne impliquée dans la diffusion de contenus portant atteinte à l’honneur et à l’image de la chanteuse sur les réseaux sociaux.

De son côté, l’homme présenté comme le chauffeur rejette les accusations portées contre lui. Dans une réaction relayée sur la toile, il affirme n’avoir commis aucun vol et dénonce les sévices subis. Il évoque une humiliation publique ainsi que des douleurs physiques, appelant à l’ouverture d’une enquête afin que les responsabilités soient établies.

Un défenseur des droits humains dénonce une “justice privée”

Réagissant à ces images, dans une interview accordée à Authentic, Me Sylva Mbikayi, chargé de l’Administration et de la Protection des victimes des droits de l’homme au sein de l’Association Congolaise pour l’acces à la Justice (ACAJ), condamne les faits.

« Nous tenons d’abord par condamner l’acte en soi, c’est-à-dire les coups infligés à cet individu en représailles au vol qu’il aurait commis », déclare-t-il, rappelant que la Constitution congolaise, en son article 61, interdit formellement la torture ainsi que les traitements cruels, inhumains ou dégradants.

L’avocat met en garde contre la banalisation de la justice populaire.

« personne n’a le droit de se rendre justice par lui-même ». Il souligne que ce type de comportement reste profondément ancré dans la société, où la simple accusation de vol peut entraîner des violences collectives.

Sur le plan juridique, Me Mbikayi évoque plusieurs infractions susceptibles d’être retenues : l’incitation des militaires à commettre des actes contraires à leur devoir, les coups et blessures volontaires, ainsi que la torture.

« En faisant la sommation de toutes ces infractions, les auteurs de ces actes risquent jusqu’à 20 ans de servitude pénale », précise-t-il.

Face à l’indignation suscitée par la diffusion de cette vidéo, le ministre des Droits humains, Samuel Mbemba, a, dans un communiqué, dénoncé « un cas de traitement inhumain et dégradant ».

De son côté, le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a donné injonction à l’auditeur général des FARDC d’ouvrir une enquête judiciaire, en vue d’établir les faits, d’identifier les responsables et d’engager des poursuites devant les juridictions compétentes.

Yvette Ditshima

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