
La mort d’un médecin survenue dimanche 7 juin 2026 à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, relance les interrogations sur les conditions de prise en charge des patients dans le contexte de l’épidémie d’Ebola qui sévit dans la région.
Cette disparition suscite de nombreuses réactions, notamment après la diffusion d’un message audio dans lequel le professionnel de santé décrivait la dégradation de son état et réclamait une assistance médicale urgente.
Selon un membre de sa famille, le médecin avait quitté son domicile alors que son état de santé se détériorait déjà. Après avoir entamé un traitement dans un établissement de santé proche de chez lui, il aurait choisi de se rendre au Centre Évangélique Médical (CEME), estimant que cette structure disposait de davantage de moyens pour assurer sa prise en charge.
« Je vous assure qu’il était parti avant le temps. D’ailleurs, il avait commencé son traitement dans un autre hôpital proche de chez lui. Mais il a jugé préférable d’aller au CEME parce que c’est là qu’il y a davantage de médicaments pour la prise en charge », a témoigné ce proche de la victime.
La même source affirme qu’à son arrivée au CEME, le médecin n’aurait bénéficié que du prélèvement destiné au test de dépistage.
« Malheureusement, on s’est contenté de lui faire le test sans réellement s’occuper de lui. Il a même demandé à ses amis de lui venir en aide », a-t-elle ajouté.
Réagissant à ce décès, le député national Gratien Iracan dit avoir appris avec une profonde tristesse la disparition du médecin.
Il rappelle que, peu avant sa mort, ce dernier avait enregistré un message audio dans lequel il sollicitait notamment une transfusion sanguine, demandait son transfert vers une autre structure sanitaire et exprimait ses craintes de ne pas survivre sans une assistance appropriée.
Pour l’élu national, si les circonstances rapportées sont confirmées, elles soulèvent de sérieuses interrogations sur les conditions de prise en charge des malades dans le cadre de la riposte contre Ebola.
Gratien Iracan annonce son intention de saisir officiellement le ministre de la Santé afin que toute la lumière soit faite sur ce décès et que des mesures soient prises pour améliorer la prise en charge des patients ainsi que la protection du personnel soignant.
Il convient de noter qu’il s’agit du troisième médecin à succomber à la maladie à virus Ebola en Ituri, province considérée comme l’épicentre de l’épidémie.
Reagan Bin Kakani, depuis Bunia