Mondial 2026 : « De la victoire des léopards au rabat-joie » [ Tribune ]

Tribune19 juin 2026

Le football, par son essence, est une discipline qui adoucit les mœurs et unit les peuples. Il ne devrait jamais devenir un instrument pour les politiciens en quête de règlements de comptes. Alors que la nation congolaise célébrait avec ferveur le match nul obtenu par les Léopards face à l’équipe de Cristiano Ronaldo, une ombre est venue assombrir cette joie collective. À Houston, aux États-Unis, M. Tshilombo, président de la République, a saisi cette occasion pour adresser un discours aux Congolais réunis pour suivre le match.

Dans son intervention, il a choisi de recourir à un langage accusatoire, allant jusqu’à traiter son prédécesseur de “chien”. Était-il vraiment opportun de tenir un tel discours alors que le cœur du peuple battait à l’unisson pour ses héros ? Comme l’a si bien dit Albert Camus : « Le football est sans doute, après la guerre, la plus belle des choses. » En cette occasion, M. Tshilombo a manqué l’opportunité de célébrer cette belle victoire, préférant se livrer à une attaque personnelle.

Une telle attitude ne fait que ternir l’image de la République, tant sur la scène nationale qu’internationale. En effet, comme le rappelle Victor Hugo : « La politique, c’est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire. » En temps de victoire, l’essentiel est de rassembler et d’unir, plutôt que de diviser. Le football devrait être un moyen de transcender les différends, et non un prétexte pour exacerber les tensions.

Il est temps de réfléchir à l’impact de nos paroles, surtout dans des moments de joie collective.

Heiddie Divioka Djingerberg, chercheur en droit procédural pénal.

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