
À Bunia, le match de la Coupe du monde opposant la RDC au Portugal a mobilisé une foule importante mercredi soir, malgré les mesures restrictives imposées par les autorités dans le contexte de l’épidémie d’Ebola qui touche la province de l’Ituri.
Dans plusieurs quartiers de la ville, des centaines d’habitants ont convergé vers les bars, buvettes, salles de cinéma et autres espaces de diffusion pour suivre la rencontre des Léopards.
Cette forte affluence a été observée alors que la Police nationale congolaise avait annoncé, dans un communiqué publié le même jour, l’interdiction de tout rassemblement de plus de 50 personnes afin de limiter les risques de propagation de la maladie à virus Ebola.
Dans plusieurs établissements visités, les espaces étaient bondés. Des supporters, parfois entassés dans des locaux exigus, ont suivi le match dans une ambiance électrique, sans véritable respect des mesures de distanciation recommandées par les autorités sanitaires.
Sur place, peu de dispositifs de prévention étaient visibles. Le lavage des mains, le contrôle des contacts ou encore les mesures de sensibilisation semblaient insuffisants face à l’ampleur de la mobilisation.
Par ailleurs, plusieurs jeunes se sont rassemblés dans la soirée pour réclamer la retransmission publique de la rencontre au rond-point Sonas, site habituellement utilisé pour la diffusion des grands événements sportifs. Ils dénonçaient une application inégale des mesures restrictives, estimant que certains établissements accueillaient déjà un nombre important de personnes sans intervention des autorités.
Cette situation relance le débat sur l’équilibre entre les impératifs de santé publique et l’engouement populaire suscité par le retour des Léopards à la Coupe du monde.
Alors que les autorités sanitaires poursuivent les efforts de riposte contre Ebola, les professionnels de santé continuent d’appeler la population au respect des mesures de prévention afin d’éviter une recrudescence des cas dans la province.
Reagan Bin Kakani, depuis Bunia