
La fermeture de la frontière entre Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo, et Gisenyi, au Rwanda, suscite une vive réaction des autorités congolaises. Depuis dimanche 17 mai, la circulation entre les deux villes est suspendue à la suite de la résurgence d’Ebola en RDC, une décision que Kinshasa juge contraire au Règlement sanitaire international.
Lors d’un briefing presse mardi, le ministre de la Santé publique, Roger Kamba, a dénoncé une mesure qu’il considère inefficace face à une épidémie.
« Le Règlement sanitaire international dit qu’il ne faut pas fermer des frontières en cas d’épidémie », a-t-il déclaré, estimant que la coopération sanitaire reste la meilleure réponse pour limiter la propagation du virus.
Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, a également exprimé son indignation face à cette décision du Rwanda.
« Le Rwanda ne peut pas en aucun cas fermer la frontière », a-t-il affirmé, avant de relier la riposte sanitaire à la situation sécuritaire dans l’est du pays. « S’il faut qu’on donne une riposte efficace au regard de l’épidémie pour le cas qui est à Goma, il faut que les Rwandais quittent notre territoire et leurs supplétifs », a ajouté le porte-parole du gouvernement.
Ces déclarations illustrent une nouvelle fois les tensions persistantes entre Kinshasa et Kigali, dans un contexte où les questions sécuritaires compliquent davantage la gestion de la crise sanitaire dans l’est de la RDC.
Parallèlement, les autorités sanitaires congolaises continuent d’alerter sur l’évolution de l’épidémie. Selon Roger Kamba, la RDC fait face à une nouvelle résurgence de la maladie à virus Ebola, liée à la variante Bundibugyo.
Le ministère de la Santé fait état de 513 cas suspects et de 131 décès enregistrés dans les zones affectées.
Déclarée officiellement le 15 mai, cette flambée constitue la 17e épidémie d’Ebola recensée en RDC, un pays régulièrement confronté à ce virus zoonotique.
L’épidémie touche actuellement six zones de santé réparties entre les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. En Ituri, les zones de Mongbwalu et Rwampara ont été identifiées comme les principaux foyers de contamination, aux côtés de Bunia et Nyankunde. Au Nord-Kivu, les zones de santé de Butembo-Katwa et Goma figurent également parmi les zones concernées.
Dieumerci Diaka