
Certains retournés et déplacés vivant à Rubaya et ses environs, dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, ont affirmé à Authentic, traverser des moments les plus sombres ces derniers temps, après avoir perdu leurs proches lors de l’éboulement de terre survenu à la mine de Rubaya, il y a environ trois semaines.
Selon ces habitants, surtout des femmes et des enfants, trouver de quoi manger est devenu un véritable problème. Leurs familles dépendaient principalement des hommes qui se rendaient chaque jour dans les sites miniers et rentraient le soir avec quelques billets de banque pour subvenir aux besoins du ménage, notamment l’achat de nourriture et le paiement des frais scolaires.

À la suite de cet éboulement, au cours duquel plusieurs chefs de famille ont perdu la vie, de nombreux ménages ne savent plus à quel saint se vouer pour survivre. Plusieurs enfants issus de ces familles, qui dépendaient des travaux journaliers effectués par leurs pères dans les sites miniers, ne vont plus à l’école.
« On dépendait de la ration que mon mari nous apportait après son travail au site minier. Mais après sa mort, notre vie est devenue misérable, car je suis désormais la seule responsable de la famille. Nourrir les enfants est très difficile. À cause de mon incapacité à payer leurs frais scolaires, j’ai été contrainte de les garder à la maison, faute de moyens », témoigne une veuve dont le mari a été victime de l’éboulement à Rubaya.

Elle ajoute que, pour trouver à manger, elle cherche d’abord quelqu’un qui peut lui céder un lopin de terre à cultiver. Si elle n’en trouve pas, la famille passe la nuit sans rien mettre sous la dent, faute de moyens financiers.
Cette mère de famille lance un appel aux hommes de bonne foi afin qu’ils viennent en aide à toutes ces familles qui ont perdu leurs responsables, qui étaient leur seul espoir.
« Mon mari m’a laissé cinq enfants. Trouver de quoi manger est un problème. Je pars chercher quelqu’un qui peut me donner une partie à cultiver pour qu’il me paie une peu d’argent à la fin, pour acheter la ration du soir. Si je ne trouve personne pour me donner du travail, nous passons la nuit sans rien mettre sous la dent. Je demande aux bienfaiteurs de venir nous assister, car nous traversons des moments graves et risquons de mourir de faim », conclut-elle.
L’éboulement de terre est survenu le 28 janvier 2026. Ce drame a causé la mort des centaines de civils principalement les creuseurs artisanaux, en plus de plusieurs blessés. Certaines familles restent également sans nouvelles de leurs proches, portés disparus dans la boue à la suite de la catastrophe.
Depuis Rubaya Ignace Tusali
