
À Masisi dans la province du Nord-Kivu, la suspension prolongée des activités sportives inquiète de plus en plus les acteurs locaux. Depuis plusieurs mois, les activités sportives sont fortement perturbées, privant de nombreux jeunes d’un cadre essentiel à leur épanouissement personnel et social.
Cette situation affecte particulièrement la jeunesse, dont une grande majorité pratique le football comme principal moyen d’expression et d’intégration.
Selon Mubyale Wetewabo Justin, président du groupement sportif de Masisi, cette paralysie s’explique notamment par le manque de moyens financiers et l’absence de partenariats solides dans le secteur sportif, aggravés par la guerre qui sévit dans la zone depuis près d’un an.
Au stade du Lycée Kikimani, situé dans le quartier Mont Ngaliema, au sein de la commune rurale de Masisi, quelques jeunes footballeurs continuent malgré tout de s’entraîner régulièrement. Pour eux, le sport reste un moyen de préserver leur santé et de garder espoir, même en l’absence de compétitions officielles.
Rencontré sur place, l’un de ces jeunes exprime sa frustration face à une situation qui limite leurs ambitions : « Nous continuons à nous entraîner pour rester en forme, mais sans compétitions, il est difficile de progresser. Nous demandons aux autorités et aux partenaires engagés dans le développement de la jeunesse de nous soutenir en organisant des tournois. Cela permettrait aussi de lutter contre le banditisme, car les jeunes non encadrés rejoignent parfois des groupes armés », explique-t-il.
De son côté, Mubyale Wetewabo Justin confirme que, depuis plusieurs mois, les activités sportives d’envergure sont quasiment à l’arrêt dans le territoire de Masisi. Il insiste sur l’urgence d’organiser des compétitions afin de redynamiser le secteur et d’offrir aux jeunes un cadre structuré pour s’exprimer.
Par ailleurs, cette suspension ne touche pas uniquement le football. D’autres disciplines, telles que le basketball et les arts martiaux, sont également affectées, laissant de nombreux athlètes sans encadrement ni perspectives.
La suspension prolongée des activités sportives à Masisi constitue ainsi un véritable frein au développement de la jeunesse. Redonner vie au sport dans cette région, c’est offrir aux jeunes une opportunité de s’épanouir et de construire un avenir meilleur.
Ignace Tusali