
L’état actuel du pont reliant l’avenue Zoao, au quartier Matonge I dans la commune de Kalamu, à l’avenue Funa, au quartier Boyoma dans la commune de Kinshasa, laisse à désirer. Traverser cet ouvrage, de jour comme de nuit, exige une prudence extrême, tant les risques sont élevés.
Chaque jour, vendeuses, clients du marché Gomabré et riverains affrontent de grandes difficultés pour franchir ce pont, aujourd’hui dans un état d’abandon avancé. Autrefois construit en métal, il ne subsiste désormais que des planches fortement dégradées. L’ouvrage est jonché de trous, exposant les usagers à des chutes, au-dessus d’une petite rivière qui se jette dans la rivière Kalamu.

À cette insécurité s’ajoutent des conditions d’insalubrité préoccupantes. Sur et autour du pont, des déchets de toute nature s’accumulent, dégageant une odeur nauséabonde qui incommode les passants. Certaines vendeuses y écoulent leurs marchandises, exposant à la fois leurs clients et elles-mêmes à des risques sanitaires.
La situation est aggravée par l’absence d’infrastructures adéquates : plusieurs habitations environnantes ne disposent pas des installations sanitaires, et les eaux usées ainsi que les excréments sont directement déversés dans la rivière.
Selon une source anonyme, cette insalubrité est en grande partie liée aux activités des commerçants du marché Gomabré, qui y déversent leurs déchets en fin de journée. Pourtant, certaines vendeuses affirment s’acquitter régulièrement des taxes d’entretien du marché, sans constater d’amélioration.
« Chaque jour, je paie une taxe pour l’entretien du marché, alors comment peut-on m’accuser de ce désordre ? », s’indigne l’une d’elles, dénonçant également l’inaction de l’administration du marché, pourtant responsable de la gestion de la salubrité.
D’autres pointent du doigt l’usage intensif du pont par les motocyclistes. Cathy, vendeuse d’oignons d’une quarantaine d’années, estime que ces derniers contribuent à la dégradation de l’ouvrage : « Les motards qui font le taxi passent avec de lourdes charges. Ils traversent plusieurs fois par jour avec des sacs de lait ou des bidons d’huile », explique-t-elle.
Habitant du quartier Matonge I depuis plus de dix ans, Caleb souligne l’importance vitale de ce passage : « Ce pont permet à plusieurs habitants de s’approvisionner. Le laisser dans cet état est vraiment pitoyable », déplore-t-il.
À proximité, Mulanga, une sexagénaire vendeuse d’huile d’arachide, appelle à une solution durable. Elle plaide pour la construction d’un pont en béton : « Avec un pont en béton, mes clients seraient en sécurité. Avec ce pont en bois, des accidents peuvent survenir à tout moment. Récemment, une personne est tombée et s’est blessée au genou », témoigne-t-elle.
Malgré sa dangerosité et sa dégradation avancée, ce pont reste emprunté quotidiennement par des centaines de personnes, contraintes de l’utiliser faute d’alternative, au risque d’un effondrement à tout moment.
Jevic Ebondo