RDC : « Les conditions de vie en jeu », Bienvenu Matumo appelle à la mobilisation contre la révision de la Constitution

Société25 avril 2026

À Kinshasa, le débat sur une éventuelle révision de la Constitution peine encore à s’imposer dans le quotidien des citoyens. À l’arrêt de bus de Victoire comme dans les marchés, les discussions tournent davantage autour du prix des denrées, du chômage et de l’insécurité.

« Constitution ? Est-ce que ça va changer ma vie aujourd’hui ? », lance un jeune débrouillard.

Pourtant, sur la scène politique, le ton monte. De passage jeudi à Paris, le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Claude Tshilumbayi, a clairement défendu l’idée d’une révision constitutionnelle.

« Il faut changer de Constitution pour résoudre un certain nombre de problèmes », a-t-il déclaré au micro de Radio France Internationale.

Cette sortie a rapidement suscité des réactions. Sur X, l’activiste Bienvenu Matumo a rejeté toute perspective de révision de la Constitution, appelant à une mobilisation populaire.

Interrogé par Authentic, il insiste sur un lien direct entre ce débat et le vécu des populations : « Les citoyens vont se mobiliser dans la rue contre ce projet de changement de la Constitution car l’avenir en dépend notamment en termes de conditions de vie », a-t-il déclaré.

Pour lui, les difficultés actuelles chômage, manque de logement, insécurité, cherté de la vie trouvent leur origine dans les politiques publiques mises en œuvre.

« Pérenniser ce régime au-delà de 2028 signifie continuer à vivre dans la misère », affirme-t-il, évoquant une organisation progressive des jeunes, des mouvements citoyens et de l’opposition.

Mais dans la rue, la mobilisation annoncée reste encore timide. À Limete, une vendeuse confie : « On parle de Constitution, mais moi je pense d’abord à nourrir mes enfants ».

Même constat à Goma, où des jeunes interrogés récemment lors d’un échange autour de cette thématique ont jugé ce débat « inopportun ».

Un décalage qui illustre la difficulté pour ce débat institutionnel de s’ancrer dans les priorités immédiates des populations.

Bienvenu Matumo reconnaît lui-même que les effets ne sont pas immédiats : « Ce débat sur le changement de la Constitution ne change pas quelque chose dans la vie d’un Congolais dans l’immédiat ».

Mais il estime qu’empêcher une révision permettrait de « consolider la démocratie, les libertés publiques » et de favoriser un changement de gouvernance à terme, capable de répondre aux attentes sociales.

Pourtant, depuis la sortie du président Félix Tshisekedi évoquant la possibilité de revoir la Constitution, la tension politique est montée d’un cran. Le chef de l’État justifie cette réflexion par le fait que le texte actuel serait « dépassé » et inadapté aux réalités du pays, appelant à ne pas craindre d’ouvrir ce débat et estimant que « le peuple doit décider » d’un éventuel changement.

Rédaction

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