Kabila : Washington sanctionne, Kinshasa jubile

Actualité1 mai 2026

Le feu d’artifice est bien parti de Washington, capitale des États-Unis. Le 30 avril 2026, les sanctions américaines contre l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, ont embrasé le ciel politique congolais. À Kinshasa, on ne se prive pas du spectacle. En inscrivant l’ex-président sur la liste noire, l’administration américaine vient d’offrir au pouvoir congolais un trophée diplomatique inespéré, sept mois après sa condamnation à mort par contumace. L’isolement de Joseph Kabila est désormais complet, et la liesse à Kinshasa ne le cache pas.

Washington a appuyé sur le bouton. Kinshasa applaudit. Dans un communiqué, le ministère de la Communication et Médias y voit « un acte important contre l’impunité » après les sanctions du 2 mars visant les RDF et des officiers rwandais, et exprime sa reconnaissance à l’administration Trump pour une décision inscrite dans le cadre des Accords de Washington.

Jacquemain Shabani, vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, a salué les sanctions américaines visant le prédécesseur de Félix Tshisekedi, qu’il qualifie d’instigateur de la déstabilisation de l’Est de la RDC. Il y voit une pression logique sur ceux qui freinent les engagements pris dans le cadre du processus de paix de Washington.

C’est avec un sentiment de satisfaction que Carbone Beni, défenseur des droits de l’homme, militant pro-démocratie congolais et cofondateur du mouvement citoyen Filimbi, accueille l’annonce des sanctions visant Joseph Kabila.

« Depuis plus d’une décennie, son implication à travers un soutien aux milices, notamment le M23, est régulièrement pointée du doigt. Beaucoup estiment qu’il serait également le chef caché de la rébellion AFC/M23, appuyé par le régime rwandais de Paul Kagame. Après les sanctions visant ce dernier, celles qui concernent aujourd’hui Joseph Kabila marquent une nouvelle étape dans la recherche de responsabilité et de justice », réagit Carbone Beni.

L’UDPS appelle à une marche de soutien

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS/Tshisekedi), parti au pouvoir, organise samedi 2 mai 2026 à Kinshasa une marche de soutien aux sanctions prises par l’administration Trump contre l’ancien président Joseph Kabila, accusé par le régime d’être à l’origine de la guerre et de l’insécurité dans l’Est de la RDC.

Le cortège partira du Boulevard Triomphal à 9h30 en direction de l’ambassade des États-Unis, où un mémo de remerciements sera déposé à 11h00, selon un communiqué signé du secrétaire général et président intérimaire Augustin Kabuya. Une causerie morale de mobilisation est prévue ce vendredi 1er mai au siège national du parti à Limete.

Les États-Unis ont sanctionné, jeudi 30 avril, Joseph Kabila, lui reprochant de « semer l’instabilité » dans son pays via son soutien au groupe armé M23. L’ancien président de la RDC (2001-2019) figure désormais sur la liste noire de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), avec gel de ses avoirs éventuels aux États-Unis et interdiction de transactions avec des citoyens ou entités américaines.

Washington estime que l’ex-chef de l’État cherche à « déstabiliser le gouvernement de la RDC en soutenant le M23 et l’AFC », son bras politique.

Jean-Hilaire Shotsha

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