
Au lendemain de l’incendie du siège du PPRD, l’ONG JUSTICIA Asbl a interpellé directement le ministre de la Justice. Elle réclame des injonctions claires au Procureur général de la République afin d’engager des poursuites contre les initiateurs de la marche du 4 mai.
Dans un communiqué consulté par Authentic360, JUSTICIA se dit « choquée par des images faisant état de l’incendie des bâtiments du PPRD par des individus qui auraient participé à la marche de soutien aux sanctions américaines infligées à l’ancien Président Joseph Kabila ».
L’organisation rappelle que cette manifestation avait été officiellement annoncée. Selon elle, « Augustin Kabuya a informé la Mairie de la ville de Kinshasa sur l’organisation de cette marche et aucune objection n’a été faite si pas des garanties pour l’accompagnement de la manifestation avec le concours de la police nationale congolaise ».
Mais pour JUSTICIA, ces garanties n’ont visiblement pas suffi à empêcher les débordements. L’ONG estime que le ministre de la Justice « devrait exiger qu’une enquête soit ouverte contre Augustin Kabuya pour avoir été incapable d’encadrer les manifestants qui s’en ont pris aux bâtiments appartenant aux tiers ».
Derrière cette demande, une critique plus large du fonctionnement de l’appareil judiciaire.
« Sans des injonctions claires de la part du Ministre de la Justice, le Procureur général de la République ne se sentirait pas investi d’un pouvoir de poursuite surtout contre des acteurs politiques au pouvoir », souligne le communiqué, insistant sur la nécessité d’une justice « réellement neutre et indépendante ».
Lundi 4 mai, le siège du PPRD, formation politique de Joseph Kabila, a été pris pour cible et incendié dans la capitale congolaise. L’incident est survenu en marge d’une marche organisée notamment par l’UDPS, parti du président Félix Tshisekedi, avec la participation de plusieurs formations de l’Union sacrée de la nation. La mobilisation visait à soutenir les sanctions américaines récemment prises contre l’ancien chef de l’État, accusé de liens avec la rébellion AFC/M23.
Malgré la gravité des faits, JUSTICIA appelle à ne pas remettre en cause le droit de manifester. Elle encourage les partis politiques et la société civile « à ne pas céder à l’intimidation » et rappelle que la Constitution congolaise consacre un régime d’information, et non d’autorisation, pour les manifestations publiques.
Dans le même élan, l’ONG exhorte les autorités urbaines et les services de sécurité à garantir les libertés publiques pour tous, « indistinctement de leur appartenance politique ».
Ditsh