
Le Centre Culturel Boboto a connu une ambiance inhabituelle mardi 19 mai. Très tôt le matin, ses abords étaient déjà envahis par une foule dense de militants et sympathisants venus de plusieurs partis de l’opposition, à l’occasion du lancement officiel de la « Coalition Article 64 ».
Tambours, sifflets, chants politiques et slogans scandés à pleine voix ont rythmé l’arrivée progressive des délégations. Sur le trottoir, des groupes se forment, drapeaux levés, pendant que d’autres improvisent des pas de danse au son des chants militants. L’atmosphère est électrique, parfois festive, mais profondément politique.
Sur les lieux, les couleurs de plusieurs partis se mêlent sans se confondre : Lamuka, ECiDé, ACh, Envol… Les symboles sont brandis haut, comme pour marquer une présence assumée dans cette nouvelle plateforme. Les principales figures de l’opposition annoncées comme têtes d’affiche, notamment Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et Martin Fayulu, attirent particulièrement l’attention des militants.
Entre les regroupements, les slogans reviennent en boucle : « Fin du mandat de Félix Tshisekedi », « Pas de changement de Constitution », ou encore « Alinga alinga te, akokende », repris en chœur par des dizaines de voix.
À l’intérieur et aux abords de la salle, la tension politique monte au rythme des arrivées et des prises de parole. Les visages sont déterminés, les échanges parfois vifs, dans une ambiance de démonstration de force assumée.
Dans leur déclaration finale, les initiateurs de la Coalition Article 64 présentent leur plateforme comme un cadre de vigilance contre toute tentative de modification constitutionnelle. Leur objectif affiché : empêcher toute réforme qu’ils estiment susceptible d’ouvrir la voie à un maintien au pouvoir au-delà des délais prévus.
Ils accusent le pouvoir en place de nourrir des ambitions de prolongation du mandat présidentiel au-delà de 2028, ce qu’ils qualifient de « dérive constitutionnelle ».
S’appuyant sur l’article 64 de la Constitution, qui impose à tout citoyen de faire échec à toute tentative de violation de la Loi fondamentale, les responsables de la coalition affirment agir dans un cadre légal.
La plateforme exige également le retrait du projet de loi référendaire actuellement débattu au Parlement, qu’elle juge contraire à l’esprit de la Constitution.
Au-delà des déclarations, la coalition annonce une mobilisation politique et citoyenne continue. Dans les allées du Centre Boboto, les discussions se prolongent, entre enthousiasme militant et volonté affichée de structurer une nouvelle dynamique de l’opposition.
Christian Luveto