
Le gouvernement congolais, à travers le ministre d’État en charge du Plan, a donné ce 1er juin le coup d’envoi du recrutement des premiers agents de terrain pour le deuxième recensement général de la population et de l’habitat (RGPH2), une opération attendue depuis plus de quatre décennies. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 7 juin via une plateforme dédiée mise en place par les autorités.
Cette campagne de recrutement marque le démarrage effectif des opérations de cartographie censitaire, première grande étape du processus devant conduire au dénombrement général de la population prévu en juillet 2027. Plus de 42 ans après le dernier recensement organisé en RDC, les autorités entendent ainsi doter le pays de données démographiques fiables et actualisées.
Les profils recherchés concernent notamment les formateurs, les opérateurs cartographes, les spécialistes en systèmes d’information géographique (SIG) ainsi que les assistants en technologies de l’information et de la communication (TIC). Ces agents auront pour mission de préparer le terrain en identifiant et en délimitant les différentes zones de dénombrement sur l’ensemble du territoire national.
Pour la réussite du RGPH2, le gouvernement entend s’appuyer sur des ressources humaines qualifiées. Le ministre d’État en charge du Plan, Guylain Nyembo, a insisté sur la rigueur du processus de recrutement, qui reposera sur trois principes fondamentaux : la transparence, la méritocratie et l’équité. L’objectif est de mobiliser les meilleures compétences locales à travers l’ensemble du pays afin de garantir la qualité de cette opération nationale.
Lors du lancement officiel du processus à Kinshasa, Guylain Nyembo a rappelé l’importance de cette opération pour le pays.
« Le recensement a toujours été une priorité. Il fallait simplement réunir les opportunités et les préalables nécessaires. C’est désormais chose faite », a-t-il déclaré.
Selon le ministre, les données issues du recensement permettront au gouvernement de disposer d’informations fiables et actualisées sur la population congolaise, indispensables à la planification des politiques publiques, des infrastructures et des services sociaux de base.
Le processus bénéficie de l’appui technique du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), partenaire stratégique de la RDC dans la préparation du RGPH2. Son représentant résident en RDC, Alain Akpadji, a souligné que l’organisation accompagne le gouvernement à toutes les étapes de l’opération afin de garantir un processus inclusif et conforme aux standards internationaux.
« Aujourd’hui, l’UNFPA joue son rôle à trois phases de l’exercice. D’abord dans les phases préparatoires, ensuite dans la mise en œuvre effective de l’opération : la cartographie, le dénombrement et les travaux post-opérationnels qui touchent à l’exploitation des données, ainsi que le renforcement des capacités en matière de systèmes statistiques », a-t-il expliqué.
L’agence onusienne intervient notamment dans l’élaboration des documents techniques, la mobilisation des ressources, le déploiement d’experts nationaux et internationaux ainsi que le respect des normes internationales en matière de recensement. Elle accompagne également le gouvernement dans la recherche de partenariats et le partage d’expériences avec plusieurs pays africains ayant récemment conduit des opérations similaires.
Pour les autorités congolaises, le RGPH2 constitue un outil stratégique de gouvernance, de souveraineté et de développement. Plus qu’un simple dénombrement de la population, il doit permettre à la RDC de disposer de statistiques actualisées pour mieux orienter ses politiques publiques, améliorer la répartition des ressources et renforcer la planification du développement à l’échelle nationale.
Après la phase de cartographie censitaire qui débute avec ce recrutement, le dénombrement général de la population est prévu à partir de juillet 2027.