
Le président de l’Assemblée nationale de la RDC a condamné, lors de la plénière de jeudi, les actes de xénophobie, de discrimination et de violence dont seraient victimes plusieurs ressortissants congolais établis en Afrique du Sud.
Aimé Boji a dénoncé des comportements qu’il juge « contraires aux valeurs africaines de solidarité, de fraternité et d’intégration continentale ».
Depuis plusieurs jours, des tensions sont signalées dans certaines villes sud-africaines, où des groupes hostiles aux immigrés accusent les ressortissants étrangers de contribuer à l’insécurité, au chômage et à la pression économique. Des vidéos relayées sur les réseaux sociaux montrent des scènes d’intimidation, de menaces et parfois de violences visant notamment des commerçants et travailleurs africains installés dans le pays.
La communauté congolaise figure parmi les populations touchées par ce climat de tension. Plusieurs témoignages font état de peur et d’inquiétude au sein des Congolais vivant en Afrique du Sud, un pays qui accueille depuis des années une importante diaspora venue de différents États africains.
Ce regain de xénophobie ravive le souvenir des vagues de violences anti-immigrés ayant déjà secoué l’Afrique du Sud ces dernières années, provoquant morts, pillages et déplacements forcés de ressortissants étrangers, notamment originaires d’Afrique subsaharienne.
« Ce comportement porte atteinte à la dignité humaine ainsi qu’aux principes de libre circulation et d’intégration consacrés sur le continent africain », a déclaré le président de l’Assemblée nationale.
Face à cette situation, Aimé Boji a proposé l’envoi prochain d’une délégation parlementaire congolaise en Afrique du Sud afin d’engager des consultations avec les parlementaires sud-africains. Selon lui, cette démarche vise à renforcer la protection des Congolais vivant dans ce pays tout en consolidant les relations de coopération entre Kinshasa et Pretoria.
Dans la foulée, il a également annoncé la convocation du ministre des Affaires étrangères devant l’Assemblée nationale afin d’éclairer les élus nationaux sur l’évolution de ce dossier et les mesures envisagées par le gouvernement congolais.
Dieumerci Diaka