
Dans la commune de Ngaliema, les avenues des Ecuries et Nguma sont désormais reliés par une route asphaltée, de part et d’autre de la rivière Mampeza. Entre mai et août 2025, une vaste opération de démolition a été menée sur le site. Près d’une année après, les travaux d’aménagement se poursuivent, avec une partie de la chaussée déjà bétonnée. Toutefois, les stigmates des démolitions restent bien visibles. Le long de la rivière, des murs à moitié effondrés et des habitations éventrées témoignent encore de l’ampleur de l’opération. Sur certaines parcelles, des maisons partiellement détruites demeurent debout.
Sur place, les reporters d’Authentic360 ont rencontré plusieurs habitants dépités de n’avoir pas été indemnisés pour des propriétés acquises, pour certains, depuis l’époque coloniale. Rencontré à son domicile par Authentic360, un sexagénaire dont la maison a été détruite ne cache pas son exaspération.

« Cette parcelle, je l’ai achetée légalement. Regardez vous-mêmes les documents que je possède. La parcelle est cadastrée », affirme-t-il en exhibant plusieurs documents administratifs.
Constitués en collectif, plusieurs sinistrés ont engagé une procédure judiciaire contre la République. Ils dénoncent cependant les reports successifs d’audience ainsi que les changements de composition de la juridiction saisie.

« Nous sommes en procès, mais à chaque audience il y a soit un report, soit un changement de composition. Nous avons l’impression qu’on cherche simplement à nous décourager, alors que nous avons déjà dépensé beaucoup d’argent », poursuit-il.
L’homme évoque également un épisode remontant aux années 1980. Selon lui, l’ancien Premier ministre Mabi Mulumba s’était opposé à un projet similaire sous le régime du président Mobutu Sese Seko, estimant que ces maisons respectaient le plan cadastral.
Les opérations de démolition de 2025 ont concerné les habitations construites à moins de six mètres du lit de la rivière, depuis l’entrée de l’hôtel Malebo, près du rond-point Magasin à Kintambo, jusqu’au quartier Mont Fleury. Sur plusieurs parcelles, des maisons demeurent partiellement détruites, tandis que de nouvelles constructions continuent d’apparaître malgré les restrictions annoncées par les autorités.
Yvette Ditshima