
Des maisons rasées, des marchés démantelés, des boutiques détruites, des espaces publics libérés. Depuis 2024 et surtout au cours de l’année 2025, les autorités de la ville de Kinshasa ont multiplié les opérations de démolition dans plusieurs communes de la capitale afin de lutter contre l’occupation anarchique des espaces publics. Cette opération devrait surtout améliorer la mobilité urbaine, assainir la ville et préparer de nouveaux aménagements. Mais plusieurs mois, voire une année après le passage des bulldozers, qu’est devenu le terrain ?
Entre fin mai et début juin, les équipes d’Authentic360 se sont déployées sur plusieurs sites pour faire le constat de la situation et confronter les promesses des autorités à la réalité observée sur le terrain. De l’avenue Funa au Rond-Point Ngaba, les vestiges du passé restent présents.
À certains endroits, les espaces libérés ont progressivement été réoccupés par de nouvelles activités informelles. Ailleurs, les projets annoncés tardent à se matérialiser, laissant place à un sentiment d’abandon chez les riverains. Sur certains sites, les habitants dénoncent encore l’absence d’indemnisation ou contestent les conditions dans lesquelles les opérations ont été menées. Mais il existe également des lieux où les travaux d’aménagement avancent effectivement, transformant durablement le paysage urbain.
Ville éclectique de quelque 20 millions d’âmes, Kinshasa est confrontée à une croissance démographique rapide, à une pression constante sur les espaces publics et à la difficile conciliation entre impératifs d’aménagement et réalités sociales. « Kinshasa après les bulldozers » raconte la vie des Kinois après le départ des engins et des caméras. Une série de reportages exclusifs à découvrir sur Authentic360.