Kinshasa : des partisans du changement de la Constitution en démonstration de force

Actualité5 juin 2026

« Oui au changement de la Constitution ». C’est le message affiché sur les calicots brandis ce vendredi 5 juin par des centaines de personnes réunies au terrain annexe du Stade des Martyrs, à Kinshasa.

Mobilisés par la Coalition Citoyenne pour la Nation (CCN), les participants ont exprimé leur soutien à une réforme constitutionnelle, dans un contexte politique marqué par des débats intenses autour de cette question.

Initialement annoncée comme une marche devant se terminer au Palais du Peuple, la mobilisation a finalement pris la forme d’un rassemblement au terrain annexe du Stade des Martyrs, en présence de responsables religieux, chefs coutumiers et acteurs de la société civile.

Parmi les figures présentes, l’archevêque Evariste Ejiba ya Mampia, représentant légal de l’Église de Réveil du Congo, a plaidé pour l’organisation d’un référendum afin de permettre au peuple congolais de trancher directement.

« Le temps est venu de sauver la République démocratique du Congo. Nous voulons un référendum, car il est nécessaire pour départager ceux qui sont pour et ceux qui sont contre le changement de la Constitution », a-t-il déclaré devant la foule.

Dans son intervention, il a également appelé les députés nationaux à accélérer l’examen de la proposition de loi sur le référendum initiée par le député Gaspard Ngondankoy, allant jusqu’à suggérer la convocation d’une session extraordinaire pour son adoption.

Dans l’assistance, plusieurs intervenants ont également pris position en faveur de la réforme constitutionnelle. « L’article 214, alinéa 2, constitue un sabotage de la lutte de Lumumba. Pour honorer sa mémoire, nous devons le changer », a déclaré Marie, venue de Malweka et membre du réseau Le Peuple d’abord.

De son côté, Ngunza Nzita, représentant de l’Église autochtone traditionnelle Ba Ngunza ya Mpeve ya Longo, a estimé que « l’actuelle Constitution est l’œuvre des étrangers », plaidant pour l’adoption d’un texte « du peuple ».

Cette mobilisation intervient 48 heures après la journée de « ville morte » décrétée par la coalition Article 64 pour la défense de l’ordre constitutionnel (C64), qui s’oppose fermement à toute initiative de modification de la Constitution, accusant le pouvoir de vouloir se maintenir durablement aux commandes du pays.

Jevic Ebondo

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