
À Petro Congo, dans la commune de Masina, le bruit des engins a laissé place au silence des lendemains difficiles. Au milieu des amas de gravats, des tôles froissées et des murs effondrés, des habitants tentent encore de récupérer ce qui reste de leur quotidien. En août 2025, l’Hôtel de ville de Kinshasa a mené une vaste opération de démolition des constructions situées le long de la route Pétro Congo afin d’élargir la route. A l’époque, des dizaines de boutiques, terrasses, hôtels et habitations ont été rasées, au grand dam de propriétaires.
L’opération a également visé des espaces occupés illégalement le long de certaines infrastructures ferroviaires et voies publiques. Dix mois après, le paysage a profondément changé. Là où se dressaient autrefois des maisons, des kiosques et des commerces de fortune, il ne reste désormais que des décombres. Sous un soleil de plomb, hommes, femmes et enfants fouillent les ruines à la recherche de quelques biens récupérables. Par endroits, des familles ont installé des bâches de fortune pour se protéger. D’autres passent leurs journées assises près de ce qui fut leur habitation, observant les allées et venues des habitants venus constater l’ampleur des destructions. Le désarroi est visible sur de nombreux visages. Certaines familles affirment avoir perdu l’essentiel de leurs biens et ne savent pas encore où se reloger.

« Nous ne savons plus où aller avec nos enfants. Toute notre vie était ici », confie une mère de famille rencontrée près des ruines de sa maison.
Dans le quartier, plusieurs victimes reconnaissent avoir construit dans des zones interdites. Elles réclament toutefois des mesures d’accompagnement social afin de faire face aux conséquences de cette opération. Au-dessus des décombres, la poussière continue de flotter dans l’air. Le long de la voie ferrée, les traces des démolitions sont encore visibles sur plusieurs centaines de mètres. Murs éventrés, fondations à découvert et structures métalliques tordues témoignent de l’ampleur de l’intervention.
Christian Luveto